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Niveau de piste VTT double noir : la nouveauté de 2013 ! BikeSolutions vous dit tout. | Blog | BikeSolutions

Niveau de piste VTT double noir : la nouveauté de 2013 ! BikeSolutions vous dit tout.

A l’instar du ski, lorsque l’on parlait de piste VTT de descente, on parlait jusqu’alors des pistes vertes, bleues, rouges et noires. Dans cet ordre, elles étaient rangées de la plus facile à la plus difficile. Depuis 2013, sous l’impulsion originelle de BikeSolutions, le niveau « double noir » arrive de façon officielle. Pourquoi, et comment? Voilà un résumé de ce qu’il y a à savoir sur la difficulté d’une piste VTT, et donc pourquoi l’ajout d’un 5è niveau est indispensable.

Comme vous avez pu le lire ici, la norme NF S52-110 relative aux pistes de VTT de descente sort cette année 2013. Une des évolutions majeures concerne donc le passage 4 niveaux de difficulté à 5.

 

Pourquoi un 5è niveau?

Voilà un secteur pas très pentu, assez large, avec des abords pas spécialement hostiles.. Pourtant on comprend que c’est un passage très difficile !
Image cheapmtb.com

En ski, le niveau de difficulté d’une piste est notamment défini par la pente moyenne, la pente maximum, l’entretien, la largeur, le dénivelé, les abords de la piste… Autant de paramètres que l’on retrouve en VTT. Mais dans notre discipline, c’est totalement insuffisant. En effet, la difficulté d’une piste de VTT de descente tient en grande partie à sa microtopographie. On parle là des petits mouvements de terrain, les pierres fixes et mobiles, les racines, les ornières etc… Cela rajoute donc la question de la technique de franchissement.

Lorsque cette microtopographie devient plus importante, la notion d’engagement du vététiste apparaît, et familière dans notre métier. Pour l’expliquer, on peut regarder la photo ci dessous. Ce passage est infranchissable à petite vitesse. Pour ne pas se mettre trop en danger, le pratiquant est obligé d’arriver à une certaine vitesse minimum et de réussir certains gestes techniques. Comme pour le franchissement d’une double bosse. Pas droit à l’erreur en quelque sorte… On dit que le vététiste « engage » dans le jargon.

Définir le niveau de difficulté d’une piste de VTT est donc complexe, les facteurs sont multiples, et il est clair que 4 niveaux ne sont pas assez pour « décrire » l’ensemble des parcours accessibles.

Comment cela se traduit-il sur le terrain? En France les pistes de compétition sont souvent réutilisées en station sous forme d’itinéraires permanents, cotés en noir. Bien souvent, ce sont des tracés très difficiles, et en plus très dégradés (ils nécessitent de l’engagement). Ils constituent donc une sorte d’extrême. A l’autre bout, nous avons les pistes vertes, par définition accessibles aux débutants, aux enfants : elles sont aseptisées, souvent les plus lisses possible, très peu pentues. Un autre extrême… Jusqu’alors, pour coter tout ce qu’il y a entre ces deux extrêmes, nous n’avions que 2 codes couleurs restants : bleu et rouge ! C’était bien trop peu !

Afin que les différences de niveau entre les pistes vertes et bleues d’une part, puis bleues et rouge d’autre part ne soient pas trop importantes, nous étions obligés de passer en « noir » des pistes qui étaient certes difficiles mais loin d’être extrêmes et sans besoin d’engagement (ou peu). En fait, le niveau noir en apparence uniforme cachait des réalités très différentes selon les pistes noires et le stations. En clair, il y avait des noires « faciles », et des noires de niveau Coupe du Monde… Une réalité bien peu satisfaisante.

Scinder les niveaux noirs en deux (noir et désormais double noir) permet de coller un peu mieux à la réalité. C’est un enjeu de sécurité.

Enfin, un des derniers souhaits de la commission était de faire une différence entre les niveaux noirs « touristiques » et les niveaux de pistes de compétition, à la difficulté quasi illimitée et aux objectifs différents. Voilà qui est fait.

Enfin, la France était en retard par rapport à d’autres pays qui ont déjà largement franchi le pas d’aller au delà de 4 niveaux. 5 à 6 niveaux sont monnaie courante, cela va même jusqu’à 7 sur certains sites en Nouvelle Zélande. Attention cependant : les couleurs ne sont pas uniformes entre les régions du monde. La plupart des pays anglo-saxons ne proposent pas de couleur rouge :après le vert il y a toujours le bleu, mais on passe ensuite au noir, puis au double noir. Ensuite, selon les sites, on observe différentes nominations pour le niveau extrême : « Pro line », « Triple red diamond » « Double black diamond », « Grade 5 » etc… Donc attention, si vous allez rouler là bas, renseignez vous bien sur l’échelle de difficulté locale!

Voilà une section de parcours qui illustre bien les choses : la notion d’engagement et la difficulté (et dangerosité) extrême. On est dans un autre monde : le pratiquant « loisir » aura même du mal à comprendre comment on peut rouler sur cet enchaînement ! Noir ne suffit pas. Double noir ! Photo Dave Mossop

Les limites du double noir

Cette nouvelle règle posera quelques défis en matière d’application. Quelques questions à résoudre:

Où situer la limite entre noir et double noir? la Norme ne répond pas à cela, et ne peut pas le faire sur la base de critères objectifs. ce sera nécessairement un ressenti. Mais clairement, un des meilleurs indicateurs, c’est de se dire que le double noir touche au niveau de compétition, ce seront des parcours totalement inaccessibles pour des pratiquants amateurs, et ou la notion d’engagement sera fortement présente. On ne parle plus vraiment de tourisme…

Le champ de difficulté « double noir » ne reste-t-il pas trop large ? Si, sans doute, mais il sera toujours mieux ciblé qu’avant ! Car même si on peut se dire « double noir  = compétition », il existe de multiples niveaux de compétition ! Alors on pourrait détailler davantage, mais cela deviendrait vite trop compliqué. La différence entre noir et double noir est donc davantage une frontière entre deux mondes qu’une frontière entre deux niveaux.

Représentation graphique : Il a été décidé en commission que le panneau aura un fond à damiers (voir simulation de signalétique en début d’article). Le but est que la différence soit claire avec le niveau noir, tout en rappelant le côté « compétition ». Mais il ne faut pas oublier que ces balises doivent accueillir des chiffres : le panneau peut vite être illisible. Prudence donc d’un point de vue graphique…

Voilà, vous avez les bases ! Nous espérons que ce billet sera utile, car le fait de beaucoup rouler nous permet déjà de savoir que beaucoup de pistes noires existantes devraient tout de suite passer en double noir!